Le coelacanthe, surprise zoologique

 

Imaginez un poisson vieux de 400 millions d’années qui nagent de nos jours, en zoologie on appelle cela un animal panchronique*.

Avant propos le terme "coelacanthe" regroupe plusieurs espèces ici nous ne parlerons que de celle de latimeria chalumnae.

Il s’agit du coelacanthe (Latimeria chalumnae). Ce poisson est particulier en ce sens qu’il n’a que très peu évolué ces derniers 400 millions d’années. Cette découverte est exceptionnelle en ce sens qu’elle a posé une colle aux zoologistes et a conforté les cryptozoologistes (Terme inexistant en 1938) dans la recherche d’animaux de grandes tailles.

On l’appela latimeria en hommage à la première personne s’étant intéressée à l’affaire, et  chalumnae pour son lieu de découverte un estuaire de Chalumna River en Afrique du Sud (South Africa).

Cette découverte puis description de l’espèce est le fruit d’un travail qui durera près de 14 ans entre la découverte de l’animal par Marjorie Courtenay-Latimer sur un marché de poissons.

Localisation


Comores (A) et Chalumna river (B)

Classification

Règne : AnimalCryptozoologie cryptozoology ichtyologie poisson panchronique fossile vivant latimeria chalumnae Marjorie Courteney Latimer Hendrick Goosen décembre 1938 découverte exceptionelle James Leonard Brierley Smith Eric Hunt décembre 1952 coelacanthe

Embranchement : Chordata

Classe : Sarcopterygii

Ordre : Coelacanthiformes

Famille : Latimeriidae

Genre : Latimeria

Espèce : Chalumnae

N.B. : Le poisson fossile auquel Latimeria ressemble le plus s'appelle Mawsonia (Fin du Crétacé, Amérique du Sud). Les crossoptérygiens de l'ère Primaire étaient plutôt petits et vivaient en eau douce. (Note : F. de Sarre)

Moulage

Personnelement je possède un moulage d'un des représentants du groupe coelacanthe (Ci-dessous) :

Cryptozoologie cryptozoology ichtyologie poisson panchronique fossile vivant latimeria chalumnae Marjorie Courteney Latimer Hendrick Goosen décembre 1938 découverte exceptionelle James Leonard Brierley Smith Eric Hunt coccoderma barvaricum décembre 1952 coelacanthe

Il s'agit d'un Coccoderma barvaricum retrouvé à Solnhofen en Bavière (Allemagne). Ce dernier date de 150 Millions d'années.

La découverte

La découverte est faite de petites coïncidences qui la rendent d’autant plus fantastique.

Marjorie Courtenay-Latimer (24 février 1907 - 17 mai 2004) est conservatrice du musée d'East London en Afrique depuis 1931, lorsque le 22 décembre 1938 elle reçoit un appel d’un pêcheur du nom d’Hendrick Goosen qui l’avertit d’une prise étonnante. La jeune femme  s’y rend sans tarder car une de ses passions consiste à découvrir les espèces de poissons présents grâce aux pêcheurs locaux en Afrique du Sud. Elle arrive donc devant ce magnifique poissons bleu mauve que nous connaissons tous aujourd’hui et qui n’émoi plus autant qu’avant.

La jeune femme entreprend des recherches sur ce poisson étrange qu’elle décrit d’une façon qui pourrait amuser beaucoup d’incrédules :

" Il faisait cinq pieds de long, d'un bleu-mauve assez pâle avec de discrètes taches blanchâtres. Il avait un reflet argent-bleu-vert irisé sur tout le corps. Il avait de dures écailles ainsi que quatre nageoires ressemblant à des membres et une étrange queue comme celle d'un chiot. "

Une queue de chiot pour un poisson avouez que cela a de quoi dérouter ! Elle ne le trouve dans aucun de ses ouvrages et décide de contacter un ami à elle, un professeur de chimie du nom de James Leonard Brierley Smith (26 septembre 1897 - 8 janvier 1968) qui deviendra ichtyologiste par la suite. Elle lui envoit donc une lettre accompagnée d’un croquis pour avoir son avis sur la question. Cet homme aura ce qu’on peut appeler un éclair de génie en étant le premier à clamer haut et fort qu’il s’agit d’un poisson panchronique dont on possède quelques fossiles d’où le terme passe-partout qu’on entend aujourd’hui et dont je ne suis pas partisan de poisson-fossile.

Cryptozoologie cryptozoology ichtyologie poisson panchronique fossile vivant latimeria chalumnae Marjorie Courteney Latimer Hendrick Goosen décembre 1938 découverte exceptionelle James Leonard Brierley Smith Eric Hunt décembre 1952 coelacanthe 

Un coelacanthe (Latimeria Chalumnae)

En 1939, il connaît une renommée mondiale en étant le premier à identifier un spécimen de cœlacanthe  après cela va sans dire avoir essuyé pas mal de critiques car comme je ne cesse de le dire cette découverte est fabuleuse.

C’est comme si aujourd’hui l’on trouvait des néandertaliens dans la jungle africaine, ils sont disparus en théorie mais tout le monde ne le croit mais ceci est un autre sujet … allez un indice les hominidés inconnus (Bigfoot, yéti, almasty …).

Smith se fixe un objectif en capturer un, il commence à sillonner les côtes de l’Afrique de l’Est à la recherche du poisson. On placarde des affiches avec la promesse d’une récompense pour un spécimen rapporté.

14 ans s’écouleront entre la découverte du spécimen de Latimer et la capture d’un spécimen de un mètre et demi aux Comores par des pêcheurs locaux. Cette capture a été faite par des autochtones qui ont lu un des avis de recherches de Smith, ils ont ensuite prévenu Eric Hunt qui était devenu un des collaborateurs de Smith.

Cryptozoologie cryptozoology ichtyologie poisson panchronique fossile vivant latimeria chalumnae Marjorie Courteney Latimer Hendrick Goosen décembre 1938 découverte exceptionelle James Leonard Brierley Smith Eric Hunt décembre 1952 coelacanthe 

J. L. B. Smith photographié auprès de son coelacanthe

Un animal connu depuis longtemps

En effet le poisson n’était pas inconnu pour les autochtones on en pêchait un de temps en temps. Ce poisson était nommé M'tsamboïdoï et plus souvent Kombessa ou Gombessa. Ce poisson était mangé surtout les jours de fête vu sa rareté.

Les écailles étaient utilisées pour gratter les chambres à air avant de les rapiécer.

Un poisson peu connu même aujourd’hui

Personne ne sait vraiment comment ils se reproduisent car les coelacanthe ne possèdent pas d'organe sexuels visibles mais semblent être ovovivipares comme certains les œufs éclose à l’intérieur du poisson.

Son aire de répartition n’est pas encore vraiment connue mais on sait qu’on le rencontre entre 90 et 700 mètres. Il se nourrit de calmars, seiches, et parfois de petits requins.

On pense que ce poisson vit près d’une centaine d’années. Cette donnée a été obtenue en utilisant l'otolithométrie (Cela est utilisé pour déterminer l’âge d’un poisson).

* Panchronique signifie que l'espèce possède des ressemblances morphologiques avec une espèce éteinte et connue à l'état de fossile.

Les leçons à en tirer

La première leçon à tirer est que même si on connaît beaucoup de notre monde actuel, de grandes espèces sont toujours à découvrir. Citons également l’okapi qui était connu des indigènes mais qui ne fut découvert que des années plus tard officiellement pour entrer dans nos manuels de zoologie.

Deuxième point, une espèce n’est toujours officiellement disparu et peut réapparaître, c’est pourquoi la cryptozoologie s’intéresse aussi à la paléontologie. Je citerai pour cette idée le cas du Mokele-Mbembe que recherchent activement Michel Ballot et William J. Gibbons. On peut se dire que de chercher un dinosaure sauropode (Idée communément admise mais non certifiée) de nos jours relève de l’hérésie mais cette histoire de poisson panchronique prouve que rien n’est sûr tant que le contraire n’est pas forcément prouvé.

Troisième point, et là je citerai Bernard Heuvelmans, qui dit entre autre que le plus important pour ce qu’on qualifie communément de cryptide est d'avoir laissé une trace quelconque dans la mémoire humaine. En effet comme expliqué plus haut ce poisson était connu des indigènes qui ne s’intéressaient pas vraiment à lui.

Conclusions

Cet article a été rédigé pour montrer que beaucoup de cryptides que nous recherchons ne sont pas inexistants, que les autochtones sont très importants dans l’identification d’une espèce, et que sans le travail de passionnés les choses n’avancent pas.

J. L. B. Smith a tenu compte des informations fournies par Marjorie Courtenay-Latimer et avec l’aide de Hunt et des indigènes a pu exposer sa théorie de la survivance d’un poisson « préhistorique ». Ces personnes ont révélé au monde quelque chose qui paraissait impossible à bon nombre de zoologistes et ont ainsi bousculé les dogmes établis.

Pour moi en tout c’est et cela restera une des plus belles et plus extraordinaire découverte zoologique du vingtième siècle.

Philippe Mind

Sources

Ushuaïa nature (Emission du 29/ 12/ 2010)

Les monstres sont vivants (Pierre Affre/ Eric Joly)

A la poursuite du coelacanthe (J. L. B. Smith)

Voir aussi :

L'Adn du coelacanthe enfin décodé (avril 2013)

Les grandes découvertes zoologiques de ces 200 dernières années

Sujets du forum :

Le coelacanthe : Une espèce animale à l'épreuve des médias

Un nouvelle espèce de coelacanthe découverte au Texas (octobre 2012)

Le coelacanthe : Un poisson, une surprise, un symbole

Ushuaïa Nature : Rencontre avec le coelacanthe

Un fossile d'une nouvelle espèce de coelacanthe découvert en Colombie Britannique

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Commentaires (3)

1. lk 27/06/2012

Il est vrai que certains peuples décrivent parfois des animaux inconnu au reste du monde.

2. baggaid 30/06/2012

C'est dans mon pays.

3. jphi 12/11/2012

super article !!! je partage l avis de dire que c est la plus grande decouverte, surtout que de tout temps a établi des choses que l'on deroge sans cesse !!

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