[Anthropologie] Interview sur sur le livre La bipédie initiale : Essai sur l'homme d'hier et d'aujourd'hui par François de Sarre

[Anthropologie] La bipédie initiale : Essai sur l'homme d'hier et d'aujourd'hui par François de Sarre

 

D'ici peu de temps le livre "La bipédie initiale : Essai sur l'homme d'hier et d'aujourd'hui " écrit par François de Sarre sortira ! Je vous propose une interview de l'auteur sur ce livre.

Intervenants

P M : Philippe Mind

F d S : François de Sarre

Patty - Patterson - Gimlin - Bigfoot - Cryptozoologie - Bernard Heuvelmans - François de Sarre - La bipédie initiale - essai sur l'homme d'hier et d'aujourd'hui - livre - juin 2014 - Hadès EditionsP M : Bonjour, vous êtes François de Sarre, zoologiste reconnu, qui depuis quelques années travaillez dans divers domaines scientifiques. Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur vous s'il vous plaît ?

F d S : J’ai commencé par des études très classiques de zoologie et de paléontologie, à l'Université de Saarbrücken (1964-1973). Mon intérêt allait surtout aux poissons et autres animaux marins. Puis mon travail de thèse a porté sur l'ichtyofaune du bassin occidental de la Méditerranée. Mais très tôt, j'ai exprimé une certaine réticence vis-à-vis de la "fable" du poisson qui se transformait en amphibien dans la conquête des terres émergées à l’ère Primaire. J'en suis ainsi venu à réfuter le modèle évolutif du « poisson auquel poussaient des pattes »... qui n’avait rien à envier à l’autre fable évolutive de « l’australopithèque qui se met debout  pour mieux voir par dessus les hautes herbes de la savane » !

C'est pour publier des articles et des comptes-rendus de recherche sur tous ces sujets dans la revue "Bipedia" que j'ai fondé en 1988 le CERBI (Centre d'Études et de Recherches sur la Bipédie Initiale) qui a fonctionné à Nice jusqu'en 2004. Ensuite, j'ai surtout travaillé sur différents livres, dont celui sur la « Bipédie initiale » dont il est question aujourd'hui.

Au début des années 1980, j'avais pris connaissance de cette théorie de la « Bipédie initale » grâce mes contacts avec le zoologue belge Bernard Heuvelmans (1916-2001), lui-même élève du mammalogiste bruxellois Serge Frechkop (1894-1967) qui, dans les années 1920 avait initié ce domaine de recherche, conjointement avec l'anatomiste berlinois Max Westenhöfer (1871-1957).

Ma contribution personnelle à cette théorie est l'hypothèse de l' « homoncule aquatique », en tant qu'ancêtre bipède des vertébrés, alors que Westenhöfer postulait un « lurchreptil », genre d'amphibien reptiloïde à position semi-redressée.

Voici en quelques lignes comment je conçois le développement de cet « homoncule » : en l’occurrence, un animalcule marin non-spécialisé et doté d’une grande plasticité anatomique :

Imaginons dans les mers peu profondes du Précambrien une créature d’aspect médusoïde qui avait développé dans sa partie apicale (la "tête") un organe de flottaison de forme ronde qui le maintenait en position verticale, à l'instar d'une méduse. Cet animalcule disposait déjà d’une colonne vertébrale rigide et de 2 paires de palettes natatoires qui lui servaient à se mouvoir latéralement, tandis qu’une petite queue avait surtout des fonctions stabilisatrices... Il respirait sous l’eau grâce à des fentes branchiales que l’on retrouve chez l’embryon humain (mais les évolutionnistes d’école se réfèrent généralement à un stade antérieur de "poisson"...).

Ainsi, le cerveau du futur hominidé aurait-il été à l’origine un organe de flottaison, créé par le remplissage d’une poche ectodermale avec du gaz, avant que ne migrent les cellules nerveuses en provenance du tube neural (notre moelle épinière).

Ainsi l’on peut expliquer la rondeur originelle du crâne des premiers vertébrés, au mieux conservée chez lhomme – mais que l’on retrouve chez les autres vertébrés à des stades précoces de leur développement.

C’est à ce moment de notre histoire évolutive – et à ce moment seul – qu’une telle forme globulaire a pu se mettre en place au sommet d'une colonne vertébrale maintenue droite dans l'eau.

Ainsi « bipédie et sphéricité du crâne » sont-ils des caractères anciens, intrinsèquement liés... Ils n’ont pu se développer que dans un milieu comme les lagunes en bordure de l’océan. Et c'est debout que les premiers homoncules à vocation terrestre sont sortis de l'eau !

Quant aux différents groupes de poissons, très spécialisés dans leur habitat aquatique, ils sont apparus – à mon avis – plus tard, à partir de lignées "reptiloïdes". C'est en retournant vivre en mer que les ancêtres des poissons ont acquis la forme hydrodynamique que tout le monde connaît. Les membres locomoteurs se sont transformés en nageoires paires (pectorales et pelviennes). Le fameux Cœlacanthe représenterait l’un de ces stades de transition, mais pas dans le sens où on l’entend généralement !

Bien sûr, certains poissons comme le périophtalme retournent périodiquement sur le sec, mais ils ne cherchent pas de tout à conquérir la terre ferme, tout au plus s’y hasardent-ils pour rechercher de petites proies…

Un poisson – et cela vaut pour toutes les époques – fait onduler son corps dans le plan horizontal. Si d’aventure, comme l’anguille, il profite de circonstances favorables pour cheminer à terre, il y a fort à parier que ce mode de locomotion "serpentant" ne conduise à la disparition des nageoires paires, plutôt qu’à leur transformation en membres locomoteurs fonctionnels !

C'est en tout cas la réflexion qui avait été la mienne et qui m'a conduit à formuler l'hypothèse d'un « homoncule marin » à l'origine des vertébrés, au tout début de l'ère Primaire !

Patty - Patterson - Gimlin - Bigfoot - Cryptozoologie - Bernard Heuvelmans - François de Sarre - La bipédie initiale - essai sur l'homme d'hier et d'aujourd'hui - livre - juin 2014 - Hadès EditionsP M : Vous vous intéressez depuis fort longtemps à la cryptozoologie, mais comment en êtes vous arrivés là ?

F d S : J'étais encore en culottes courtes quand j'ai découvert dans la bibliothèque du Consulat de France à Saarbrücken, près du Rathaus (mairie), les deux tomes de l'ouvrage « Sur la piste des Bêtes ignorées » de Bernard Heuvelmans, peu après leur parution en 1955. Je pense que la lecture de ces deux tomes a décidé de ma vocation de zoologiste. Mais c'est bien plus tard, au début des années 1980, que j'ai pris contact avec Bernard Heuvelmans, d'ailleurs plutôt pour discuter de “Bipédie initiale”, mais bien sûr aussi des animaux mystérieux encore inconnus de la science. j'ai traduit pour lui un certain nombre d'articles sur le “Tatzelwurm” (ver à pattes) des Alpes autrichiennes et sud-tyroliennes. En fait, je m'intéressais surtout aux récits d'hommes sauvages ou d'anthropoïdes comme le yéti, dans un contexte d'évolution des primates.

P M : Y-a-t-il encore des chances de nos jours de découvrir de nouvelles grandes espèces inconnues selon vous ?

FdS : Sachant que plusieurs millions d'espèces animales restent encore à découvrir, il y a de bonnes chances qu'il y ait quelques gros animaux parmi elles, notamment dans les grands fonds océaniques ou au plus profond d'épaisses forêts... Certaines espèces que l'on pourrait qualifier de “préhistoriques” ont pu survivre dans des régions où pratiquement rien n'a changé depuis des dizaines de millions d'années... Je pense là bien entendu au fameux “mokélé-mbembé” du bassin congolais. Dans l'immensité océane, on peut trouver des animaux tout aussi inattendus, comme le requin “Mégamouth”, ou de gigantesques méduses bioluminescentes.

Certains hominidés inconnus peuvent volontairement vivre cachés, comme le sasquatch, le barmanu ou l'almasty, évitant tout contact avec l'homme. Quant au yéti népalais ou autres anthropoïdes, ils sont vraisemblablement devenus si rares qu'il faudrait être extrêmement chanceux pour les rencontrer dans leur habitat naturel. Peut-être ont-ils déjà disparu en maintes endroits et ne subsistent-ils plus que sous la forme de mythes ?

P M : Quelles sont les méthodes de recherches que vous proposeriez afin de faire passer ces créatures de l'ombre à lumière ?

F d S : Puisque relevant du domaine scientifique, la cryptozoologie doit faire appel à une méthodologie rigoureuse, décrite en 1985 par Bernard Heuvelmans dans le magazine Cryptozoology. Bien sûr, à la différence de ce qui est habituel en zoologie, il y a d'abord enquête auprès des populations locales, puis le cryptozoologue se rend sur le terrain. Comme dans le cadre d'une enquête policière, il va rechercher les trois types de preuves : autoscopiques (que chacun peut voir, comme les empreintes de pas), testimoniales (récits de témoins) et circonstancielles (se fondant sur les circonstances et le contexte).

Bien sûr, l'audition de témoins – quand elle est bien menée, car il convient de ne pas influencer le témoin ! – est primordiale en cryptozoologie. Le regretté Jordi Magraner suivait une méthodologie rigoureuse quand il enquêtait au Pakistan sur le barmanu, car il montrait au témoin plusieurs dizaines de dessins – en lui laissant le temps de choisir lequel correspondait au mieux à l'hominidé qu'il avait observé. C'est ainsi que la plupart des témoins ont désigné le dessin par Bernard Heuvelmans de l'Homo pongoïdes.

Par ailleurs, les méthodes de la cryptozoologie peuvent également être utilisées en zoologie classique. Ainsi, quand dans les années 1970 j'ai prospecté en Tunisie à la recherche de serpents en compagnie d'herpétologues allemands, nous n'avions trouvé sur l'île de la Galite, au nord de Tabarka, qu'une seule espèce, Macroprotodon cucullatus, conformément à ce qu'on pouvait lire dans la littérature spécialisée...

Mais si l'on interrogeait les habitants de l'île sur le sujet, ceux-ci nous parlaient spontanément de deux espèces de serpents différentes !

Effectivement, quelques années plus tard, alors que je séjournais à nouveau sur l'île, j'ai moi-même mis en évidence cette seconde espèce, en l'occurrence Natrix maura, bien plus rare que la première, mais néanmoins tout à fait présente sur l'île !

La bipedie initiale essai sur l homme d hier et d aujourd hui crypto investigations juin 2014P M : D'ici quelques semaines, un nouveau livre écrit de votre main verra le jour, pouvez-vous nous en parler s'il vous plaît ?

F d S : Oui, et au passage j'en profite pour remercier les éditions HADES à Rouen qui ont décidé de publier le livre, car il s'agit bien évidemment d'un ouvrage qui va susciter passion et polémiques !

Je l'ai intitulé : « La Bipédie initiale – Essai sur l'homme d'hier et d'aujourd'hui ». Il s'agit finalement d'un exposé assez complet, abordant non seulement le sujet d'une bipédie originelle des animaux vertébrés, mais aussi celui de l'origine des formes vivantes sur Terre. J'y évoque également les différentes théories sur l'hominisation – et ce qu'il convient d'appeler la déshominisation, c'est-à-dire le processus évolutif par lequel la forme humaine peut donner naissance à des formes nouvelles du règne animal !

Ce livre résume le travail de toute une vie de chercheur. Cela dit, je reste conscient qu'il s'agit là d'hypothèses qu'il conviendra encore de tester – ou de vérifier à l'aune de la paléontologie. En tout cas, un changement de paradigme s'amorce en sciences de la vie, car les anciens modèles (comme celui de la « savane africaine ») n'apportent plus rien aux chercheurs, sinon d'insurmontables contradictions !

 

Patty - Patterson - Gimlin - Bigfoot - Cryptozoologie - Bernard Heuvelmans - François de Sarre - La bipédie initiale - essai sur l'homme d'hier et d'aujourd'hui - livre - juin 2014 - Hadès EditionsP M : En quelques mots et pour ceux qui ne connaissent pas du tout le sujet, qu'est  ce que la théorie de la bipédie initiale ? Votre interprétation diffère-t-elle beaucoup de celle de vos prédécesseurs qui la défendaient avant vous ?

F d S : Si nous regardons autour de nous dans la nature actuelle et si nous nous en référons aux archives paléontologiques, force est de constater qu'il existe grosso modo 4 types d'animaux vertébrés : ceux qui marchent sur leurs seuls membres inférieurs, ceux qui vont à quatre pattes, ceux qui nagent et ceux qui volent ! Parmi les formes volantes, certaines sont bipèdes au sol (les oiseaux), et d'autres quadrupèdes (les chauves-souris ou les ptérodactyles).

Dans l'optique classique, la bipédie serait apparue plusieurs fois au sein des lignées, mais c'est en contradiction avec le "principe d'Ockham" qui veut qu'en science l'on privilégie l'explication la plus simple : en l'occurrence, celle faisant intervenir une seule et même origine à toutes les bipédies (y compris celle des dinosaures et des oiseaux) !

D'un point de vue évolutif, cela peut signifier que la marche sur deux jambes a préexisté aux formes quadrupèdes. Un exemple de cette tendance est donnée par les dinosaures, dont les plus anciennes formes connues (au début de l'ère Secondaire) sont bipèdes, alors qu'au Crétacé, plus de 100 millions d'années plus tard, ce sont des quadrupèdes qui prédominent ! Il en irait de même pour les mammifères ou les reptiles stricto sensu. On connaît ainsi des crocodiles ou des varans à propension bipède, et le plus ancien reptile connu qui courait sur ses deux pattes de derrière était Eudibamus cursoris, voici 290 millions d'années.

Il faut bien sûr tenir compte aussi du fait que la paléontologie ne connaît pas tout des formes vivantes du passé, et plus l'on remonte dans le temps, plus il y a une majorité de formes à carapace ou à coquille – celles qui se préservent le mieux – à l'exclusion des formes de constitution plus gracile qui étaient peut-être les plus nombreuses et les plus diversifiées ! Et parmi elles a pu se trouver l'homoncule primitif qui a donné naissance pendant l'ère aux formes bipèdes qui ont été à l'origine des grands groupes de vertébrés terrestres !

En quoi mon modèle de « Bipédie initiale » diffère-t-il de ceux proposés dans les années 1920 et 1930 par Westenhöfer et Frechkop ? Peut-être par mon choix de placer l'homoncule marin au tout début de l'évolution des animaux vertébrés, alors que mes prédécesseurs évoquaient plutôt une sorte de grenouille semi-redressée. Mais c'était peut-être surtout pour rester "politiquement correct"... car l'essentiel de leurs descriptions – et cela vaut également pour Bernard Heuvelmans – mettaient l'accent sur une rondeur originelle du cerveau et du crâne qui l'entoure, ce qui est une conception très "homonculienne"...

Il faut également évoquer la théorie de la « Bipédie originelle » de la paléontologue française Yvette Deloison, et son livre « Préhistoire du piéton » paru initialement en 2003. Elle est partie du principe que le pied humain ne pouvait pas dériver d'un pied hautement spécialisé comme l'est le pied des australopithèques qui montre, comme celui des singes, d'évidents caractères de locomotion arboricole.

C'est pourquoi Yvette Deloison a postulé l'existence passée d'un primate bipède non spécialisé, le Protohominoides bipes, avec une tête plus ou moins sphérique, qui vivait au sol voici 15 millions d'années, ou un peu plus.

Dans la nouvelle édition de son livre publiée en 2013, cette paléontologue associée à la chaire du Collège de France "Paléoanthropologie et Préhistoire" dirigée par le professeur Yves Coppens, écrit notamment :

« Remettre en cause l’origine de l’homme et des autres primates entraîne une nouvelle réflexion quant à celle des vertébrés. Si, comme je le démontre, l’homme ne peut avoir un père simien, un grand-père reptilien paraît invraisemblable. Rien dans l’anatomie humaine ne suggère un tel passé. Toutes les connaissances relatives aux périodes antérieures à l’homme s’en trouvent bouleversées, tant les enchaînements d’idées que les déductions s’effondrent comme un château de cartes. Considérer que les poissons de l’ère primaire sont de structure simple et donc représentent des débuts de lignées phylogéniques, c’est partir de prémisses fausses. L’ultraspécialisation de ces animaux traduit en fait leur ancienneté et par conséquent leur impossibilité à avoir engendré, par exemple, les mammifères ».

Patty - Patterson - Gimlin - Bigfoot - Cryptozoologie - Bernard Heuvelmans - François de Sarre - La bipédie initiale - essai sur l'homme d'hier et d'aujourd'hui - livre - juin 2014 - Hadès EditionsP M : Lorsqu'on lit votre précédent ouvrage intitulé : « Sirènes et hommes-marins : du mythe à l'évidence scientifique », on ne peut s'empêcher d'être frappé par un détail. En fin de compte, l'eau en plus d'être un élément qui permet notre survie serait en quelques sorte notre berceau, c'est ça ?

F d S : Dans le livre sur « Sirènes et hommes-marins » que j'ai coécrit avec Pascal Cazottes, nous avons moins insisté sur nos origines aquatiques que sur les évolutions possibles à partir de la forme ancestrale humaine vers des créatures comme la sirène ou l'homme-marin. Ainsi, la première pourrait représenter une étape évolutive en direction d'animaux exclusivement marins, comme les cétacés ; quant au second, il s'agirait plutôt d'une forme cosmopolite aux mœurs amphibies qui s'est développée à partir d'un hominidé du Tertiaire comme le méganthrope, lui-même très certainement issu d'un stock sapiens plus ancien...

Bien sûr, l'eau doit être considérée comme notre berceau, à une époque très ancienne, comme l'écrivait Max Westenhöfer qui a aussi influencé le biologiste marin anglais Alister Hardy. Ce dernier s'était insurgé contre la théorie de l'évolution habituellement enseignée qui stipule qu'en sortant de sa forêt un primate arboricole s'était redressé dans la savane en devenant carnassier, l'apport en protéines lui permettant d'augmenter la taille de son cerveau et de devenir homme...

Car pointés par Westenhöfer et Hardy, puis plus tard par l'écrivaine Elaine Morgan, de nombreux points mettent en évidence nos origines aquatiques, et non pas "arboricoles" ! Citons notre peau plutôt glabre, la graisse sous-cutanée et la tendance à l'obésité, notre capacité d'apnée (contrôle de la respiration), ou encore les petites palmures entre les doigts, la forme de notre nez, nos mains "en étoile", etc... Tout cela nous différencie de nos cousins simiens, mais nous rapproche des mammifères marins !

Mais bien évidemment, nous ne descendons pas de singes arboricoles qui sont allés vivre dans les lagunes de bord de mer, comme le pensaient Alister Hardy et Elaine Morgan. Notre anatomie générale est primitive et non spécialisée, quand on la compare avec les autres mammifères. Et pour ce qui est de l'alimentation de l'homme d'aujourd'hui, elle doit idéalement comporter des éléments essentiels en rapport avec la vie littorale de nos ancêtres : mollusques et crustacés, algues et végétaux, poissons et œufs pour les acides gras oméga-3 et la vitamine D...

Les véritables ancêtres de l’homme ont vécu en bord de mer, il y a bien longtemps, dans un environnement de lagunes et d’estuaires… C'est là qu'ils trouvaient une nourriture variée, riche en fer, en vitamines et sels minéraux, ainsi qu’en protides et lipides, phosphore et iode. Rien à voir avec la savane et ses maigres ressources alimentaires, sans oublier le manque d’eau chronique qui sévit dans ces grandes étendues herbeuses !

Le livre est en vente, voici sa présentation
 
Dans les milieux scientifiques, on s'évertue depuis pas mal de temps (disons, pour simplifier, depuis Charles Darwin, 1859) à nous trouver pour ancêtre commun une sorte de grand singe aux allures de chimpanzé dont on aurait rogné les canines, censé avoir vécu il y a 8 ou 10 millions d'années en Afrique, dans les forêts tropicales ou en lisière de celles-ci...
 
Voici une vingtaine d'années, j'aurais encore écrit "censé avoir vécu voici quelque 6 millions d'années", car c'était ce que pensaient généralement paléontologues et biologistes. Mais en l'an 2000, une équipe franco-kenyane a mis au jour dans la vallée du Rift les restes d'hominidés vieux de 6 millions d'années, décrits sous le nom d'Orrorin tugenensis. Une sorte d'australopithèque "déjà descendu de l'arbre". Dans une perspective évolutive classique : l'ancêtre commun aux chimpanzés et aux hommes devait donc être un peu plus ancien...
 
Logique, non ?
 
Puis ce fut au tour du Tchad de focaliser l'attention des paléoanthropologues du monde entier. Le professeur Michel Brunet annonçait la découverte en 2001 d'un autre hominidé, daté de 7 millions d'années, celui-là, Sahelanthropus tchadensis. On entendait alors certains chercheurs comme Pascal Picq se demander si ce fossile ne remontait pas avant la fourche de séparation entre l'homme et les chimpanzés ou gorilles ?
 
Si l'on adhère sans restriction au schéma de "l'homme qui descend du singe" (où l'on sous-entend, singe anthropomorphe), cela paraît assez logique, même si certains biologistes et généticiens avaient envisagé une divergence bien plus récente (de l'ordre de 5-4 millions d'années, sinon moins) entre les chimpanzés et les humains...
 
En tout cas, le lecteur doit commencer à comprendre qu'il faut désormais faire fi de la traditionnelle évolution "linéaire", censée avoir mené de formes pré-humaines simiennes à l'homme proprement dit (genre Homo) ! Si évolution il y a, elle ressemble plutôt à un buisson tridimensionnel, où les rameaux progressent, tandis que d'autres régressent, ou encore s'entrelacent...
 
Mais où est donc passée la bonne vieille paléontologie d'antan ? Quand tout n'était que "certitude"...
 
Informations sur le livre
 
Broché : 284 pages
Editeur : Hades éditions
Collection : Science
Langue : Français
ISBN-10 : 9791092128X
ISBN-13 : 9791092128086
Dimensions du produit : 14,8 x 21 x 2,5 cm
 
L'ouvrage est disponible en pré-commande chez Hades Editions voir ici.
 
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La bipédie initiale : Essai sur l'homme d'hier et d'aujourd'hui par François de Sarre (Discussion)

Voir aussi

La Bipédie Initiale par François de Sarre : Critiques et analyses du livre (septembre 2014)

Sirènes et hommes marins par François de Sarre

Patty - Patterson - Gimlin - Bigfoot - Cryptozoologie - Bernard Heuvelmans - François de Sarre - La bipédie initiale - essai sur l'homme d'hier et d'aujourd'hui - livre - juin 2014 - Hadès Editions

Philippe Mind et François de Sarre en juillet 2013

Pour en savoir plus sur le passé aquatique de l'homme et sur l'origine ancienne de la bipédie, il convient de lire le nouveau livre de François de Sarre sur « La Bipédie initiale – Essai sur l'homme d'hier et d'aujourd'hui » qui paraît en juin 2014 aux éditions HADES (Rouen).

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