L'intelligence des corvidés

L'intelligence des corvidés

 

Il y a bien longtemps que j'ai compris avec ma mobylette, ma moto, ma bagnole puis dans mon métier de routier que les corbeaux et pies sont bien plus malins que les pigeons, poules et coqs de tous genres, et autres volatiles. En effet Les corbeaux s'envolent toujours avant que la possibilité de les heurter ne se matérialise dans le temps et surtout dans une trajectoire qui s'éloigne toujours de celle de la route, dans mon esprit, je compare cela aisément aux manœuvres d'évitement des pilotes de chasses de toutes époques qui respectent les mêmes critères, sortir de la zone dangereuse, cela s'applique également aux arts martiaux, en gros à tout se qui vous fait vivre au lieu de mourir. Les pigeons, à l'inverse, attendent le dernier moment pour prendre leur envol et coupent presque systématiquement la trajectoire ce qui mène invariablement au même résultat : la mort. Je ne compte plus les pigeons et faisans que je n'ai pu éviter tandis que je n'ai jamais touché un corvidé.

Vous avez surement déjà vu quelques pies écrasées sur la route, il s'agit dans la grande majorité à mon avis et de par mon expérience, le plus généralement d'individus handicapés ou malade ou/et bourrés (oui, oui) avant leur fin ! Mais assez parlé de moi surtout que d'autres  peuvent vous expliquer cela de manière plus scientifique et compréhensible.

La famille des corvidés comprend les geais, les choucas, les pies voleuses, les freux, les corneilles et les corbeaux. Ces oiseaux ont conquis tous les habitats, à l'exception de l'Antarctique. Ce grand succès tient à plusieurs raisons : leur taille, leur sens de la famille, leur opportunisme et peut-être plus encore, leur intelligence, c'est-à-dire leur capacité à résoudre des problèmes.

Les corbeaux seraient encore plus intelligents que l’on pensait, égalant voir surpassant les primates (voir l'article).

Ils sont ainsi capables de comprendre des principes physiques simples comme la gravité ou la poussée d'Archimède et donc d’utiliser des leviers, des outils pour accéder à d’autres outils et de jeter des pierres dans un récipient pour faire monter le niveau du liquide. Une intelligence si grande que certains chercheurs appellent les corneilles et les corbeaux, les Einstein à plumes de la création.


Dans sa fable «De la corneille et de la cruche», le poète grec Ésope décrivait il y a plus de 2000 ans comment l'oiseau assoiffé jetait des pierres dans une cruche afin de pouvoir atteindre l’eau qui s’y trouvait. Juste une fable ? De nos jours, l'utilisation de nos propres outils est largement démontrée et ce des états unis au japon où, les petits malins se servent de nos feux de circulation pour ne pas se faire 'shooter" en déposant noix et escargots dans les carrefours afin de les casser. La technique précédente consistait à les laisser tomber d'une hauteur suffisante sur des rochers puis sur l'asphalte. Cette technique est aussi utilisée par les rapaces avec les tortues afin de casser leur carapace.

Trois facteurs importants sont à prendre en compte. D'abord, le cerveau des corvidés est très gros par rapport à leur poids et leur longévité conséquente par rapport à d'autres oiseaux. Ensuite leur mode de vie grégaire, les créatures dites "sociales" comme les dauphins, les chimpanzés, les rats, les humains et les corvidés ont besoin de mémoriser davantage d'éléments pour vivre en société, ce qui oblige le cerveau à plus de connexions neurales. Leur alimentation omnivore a peut être aussi des conséquences sur l'utilisation qu'ils ont de cet impressionnant petit cerveau.


Raisonnement de cause à effet, flexibilité, imagination et prospection : le corbeau a toutes ces qualités qui définissent l'essence même de l'intelligence chez les singes, résument Nathan J. Emery and Nicola S. Clayton, de l'Université britannique de Cambridge.

Les pies se reconnaîtraient dans les miroirs mais avec moins d'intérêt que les mammifères, ce test n'ayant pas encore été validé scientifiquement.


Une étude menée par Dalila Bovet, chercheuse au laboratoire d'éthologie et de cognition comparée de l'université de Nanterre avec des choucas démontre clairement leur compréhension des interactions complexes entre espèces.

Un homme inconnu de l'oiseau et donc jugé comme potentiellement dangereux sont placés face à face et l'on dépose entre eux un mets dont l'oiseau raffole. Pas l'homme, mais ça, l'oiseau l'ignore.

Prendre ou laisser un mets quand un inconnu regarde....
L'homme étant novice, on lui donne des instructions très strictes : il doit, selon les scènes, fixer l'oiseau, regarder sur le côté, montrer son profil, lui tourner le dos ou encore fermer les yeux. Le choucas, lui, est laissé en roue libre. En totale improvisation. L'expérience étant : le jeu de l'homme influencera-t-il le temps que mettra l'oiseau pour se décider à chiper la nourriture ?

Réponse : oui, . Dans cette situation conflictuelle, le choucas s'enhardit à mesure que l'homme semble se désintéresser de lui. Détail intéressant : si l'homme le fixe, il hésite plus que s'il regarde sur le côté, sans néanmoins tourner le visage. Un constat qui en appelle un autre : l'oiseau interprète correctement la signification du regard humain. Ce qui n'était pas gagné vu qu'un oiseau ne peut lorgner son prochain que d'un seul œil, de profil donc.

L'oiseau est cette fois placé devant un individu connu de longue date. Un humain suffisamment familier pour faire  partie de la famille.

Entre les deux, les chercheurs ont placé deux gobelets retournés : l'un est vide, l'autre masque de la nourriture. Question du jour : où se trouve l'encas ? L'oiseau  se questionne, hésite et consulte son équipier. Celui ci des fois,  regarde en l'air, des fois, sur le côté, d'autres fois, il désigne le bon gobelet du doigt ou du regard, ses yeux faisant des allers-retours entre lui et le gobelet d'abondance. Des signes qui, de foi de choucas, ne trompent pas et que l'oiseau interprète correctement dans plus de 60% des cas.

« Là se trouve le point le plus intéressant de l'étude, explique Dalila Bovet est que dans un contexte de coopération, l'oiseau est capable de comprendre la signification d'une désignation par l'index et ce, sans apprentissage préalable. Une capacité qui n'a été observée que chez les chiens ou les éléphants. »

Les geais et les pies versent dans les vocalises et la répétition de phrases prononcées par l'homme sans que la compréhension de leurs sens ne soit encore réellement déterminée, les perroquets qui n'ont d'ailleurs rien à envier aux corvidés du point de vue de l'intelligence sont capable de comprendre le sens des mots utilisés. D'autres oiseaux comme les martin-pêcheurs qui utilisent des appâts mais le sujet est si vaste qu'il fera surement l'objet d'un autre article. Ou d'un complément de celui ci.


Une équipe d’Oxford a mené une étude sur sept corbeaux néo-calédoniens. Les animaux, en captivité, ont été testés sur des séries de tâches exigeant l’utilisation de trois outils dans une séquence pour atteindre de la nourriture. Les oiseaux devaient utiliser un petit outil, le glisser dans un outil plus grand pour ainsi pouvoir attraper un troisième outil encore plus grand et enfin atteindre un morceau de nourriture, inatteignable autrement.

Cinq corbeaux ont réussi, dont quatre du premier coup, sans aucun entraînement préalable. Et une analyse précise du comportement des oiseaux prouve qu'ils n’ont pas agi au hasard. Lorsqu'un oiseau reposait un outil pour en prendre un autre, il choisissait toujours un outil plus grand que le précédent.


Dans une interview réalisée avec BBC Nature, le professeur Clayton a déclaré que ces comportements indiquent la capacité des oiseaux à avoir une réflexion face aux situations. «Les geais répondent au milieu social, tout à la fois en cachant la nourriture et en la volant. Ils utilisent différentes tactiques pour dissimuler et pour chaparder, il s’agirait ici de stratégies cognitives, plutôt que des règles apprises ou innées», explique-t-elle.

Un élément que j'ai vu dans un doc de la chaîne National Géographic : Classés sauvage 3/6, Les crapaud qui explosent. les corneilles appréciant le foie de crapaud, elles ne prélèvent donc que cet organe, le reste du crapaud étant toxique il est abandonné  sur place avec des conséquences explosives pour lui (il n'est pas forcément tué lors du prélèvement). De plus j'ai pu y voir un geai remplir un tube de cailloux pour accéder à un vers en surface du liquide.

Alfred Hitchcock dans son film Les oiseaux, prêtait aux corbeaux la capacité de s'entendre pour nous attaquer, impensable me direz vous, regardez ces 2 vidéos ainsi que l'article de la dépêche et pensez qu'ils ne sont surement pas encore totalement adaptés à nous (cela pourrait aller plus vite qu'on ne le pense). Et que nous ferions bien de commencer à les comprendre et les respecter, non pour leur intelligence mais bien dans notre propre intérêt, les raisons de ces comportements, s'ils sont avérés,  n'étant pas encore bien comprises, ni reconnues. Un gout prononcé pour les yeux ?

Cependant, pour ma part je pense que le comportement de l'homme est en grande part à mettre en cause (voir l'article).



Corbeaux tueurs ou humains capitalistes, la question est posée !

Ce sujet a déjà été abordé sur notre forum ici.

Voleurs c'est certain mais fumeurs de joints, je ne savais pas !

Je ne saurais que trop vous conseiller d'aller vous rendre compte  par vous même de leurs capacités sur une multitude d'autres vidéos disponibles sur le net.

Tout en rappelant que ces animaux dont je considère maintenant l'intelligence comme reconnue n'ont pas leur place aux cotés de l'homme mais dans l’écosystème auquel ils sont indispensable et où ils exprimeront pleinement leur capacités au delà des tours nécessaires à nous informer que nous ne sommes pas seuls à appréhender ce monde de manière intelligente.

Si vous en recueillez un, ce forum vous fournira toutes les infos.

Ps : Une bonne information que je peux vous fournir aussi est que les corbeaux familiers sont porteurs de 9 agents
pathogènes entériques susceptibles de provoquer des maladies diarrhéiques chez l’homme, sans parler du fait qu'il peuvent être porteurs du virus du nil.

Sources : Science presse, Bistrobarblog, MaxiSciences, Archives-Huffington post, Radio-Canada, Epochtimes, Lemonde.fr, Lefigaro.fr, Ladepeche.fr, Ladepeche.fr, Futura-sciences, Science Actualités.fr, svt.ac-reunion.fr

A se demander de quoi étaient réellement capables les dinosaures !

Eric N.

Sujets du forum

L'intelligence des corvidés (Débat)

Des corbeaux tueurs en Ariège (France) (octobre 2011)

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